La France compte 3,5 millions de mal-logés et dix millions de ses habitants sont affectés de près ou de loin par une crise du logement qui ne cesse de s'aggraver, prévient la Fondation Abbé Pierre. Dans son 15e rapport annuel publié lundi, l'organisation souligne que "l'aggravation progressive de la crise du logement aboutit à un vrai problème de société" dont les autorités ne semblent pas avoir mesuré l'ampleur.
Aux 3,5 millions de mal-logés s'ajoutent 6,5 millions de personnes fragiles susceptibles de basculer à tout moment dans cette première catégorie en cas d'éclatement de la famille ou de perte d'emploi, par exemple. "Le fait d'être logé ne signifie pas qu'on est à l'abri des difficultés", a commenté lors d'une conférence de presse Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre.
La crise du logement est bien antérieure à la crise financière puis économique qui a submergé le monde à partir de l'été 2008, alors que ni ses manifestations ni ses causes n'ont été traitées, soulignent les auteurs du rapport. Le problème du logement "s'ancre dans la durée" et la crise "ne fait que renforcer des difficultés qui perduraient depuis longtemps", renchérit Christophe Robert.
la France manque cruellement de logements, avec un déficit de plus de 900.000 environ toutes catégories confondues. Chaque année, entre 2,5 et trois millions de personnes se mettent en recherche de logement; les demandes de logements sociaux s'élèvent à 1,2 million et le nombre de personnes sans domicile fixe avoisine les 100.000.
L’heure de vérité approche. Si Nicolas Sarkozy et François Fillon concrétisent leur projet de réforme des retraites, ils apporteront la preuve définitive qu’ils dirigent le gouvernement le plus réactionnaire depuis Vichy. Si, à tour de rôle, certains dirigeants actuels ou anciens du parti socialiste laissent entendre que nous sommes obligés de reculer l’âge de la retraite ou d’allonger encore la durée de cotisation, ils ne devront plus s’étonner que les électeurs les quittent aussitôt qu’ils les plébiscitent. Enfin, si le mouvement social ne réussit pas à mobiliser l’ensemble de la société autour de cet enjeu fondamental, le capitalisme néolibéral rebondira aussi fortement que sa crise l’avait fait chuter. Pour qu’il en soit autrement, trois éléments cruciaux doivent être mis en débat.
La nouvelle attaque contre les régimes de retraite par répartition s’inscrit dans la stratégie des classes bourgeoises, en France comme ailleurs, de faire payer la crise aux travailleurs, après avoir transformé la montagne de dettes privées non remboursables en dettes publiques. Le déficit de la Caisse nationale d’assurance vieillesse, estimé à 10,7 milliards d’euros pour 2010, s’est aggravé du fait de la récession et du chômage et non pas de l’évolution démographique.
Quels que soient les scénarios envisagés par le Conseil d’orientation des retraites (COR), le besoin de financement des retraites est, à l’horizon 2050, supportable par l’économie. En 2007, le COR évaluait à 1,7 point de PIB le besoin non couvert par les réformes de 1993 et de 2003. Il faudrait certes davantage, environ 6 points, pour rétablir les droits amputés par ces réformes, notamment pour assurer un taux de remplacement de 75% du salaire par la pension. Mais, d’une part, ces 6 points supplémentaires en faveur des cotisations équivalent à ceux que notre système par répartition a déjà assurés au cours des 40 dernières années. D’autre part, en 1982, les dividendes versés aux actionnaires représentaient 3,2% du PIB et, aujourd’hui, ils s’élèvent à 8,5% : 5,3 points de plus, quasiment tout le nécessaire pour couvrir les besoins supplémentaires. Dans ses rapports de janvier et avril 2010, le COR revoit à la hausse ce chiffrage parce que ses prévisions sur la croissance et le chômage sont plus pessimistes, mais les ordres de grandeur ne sont pas bouleversés. Et, de toute façon, le ralentissement de l’économie et le chômage sont deux raisons supplémentaires de refuser l’augmentation du temps de travail et d’exiger une répartition des revenus qui revienne en faveur de la masse salariale : l’emploi et les retraites en dépendent.
Aussi modestes que soient les futurs gains de productivité, une nouvelle règle pourrait être mise en œuvre : répartir ces gains entre la réduction du temps de travail, la prise en charge des retraites et la couverture des besoins sociaux non satisfaits. Contrairement à ce qui est parfois dit, cette règle n’a rien à voir avec le productivisme, car la richesse peut augmenter par le biais d’une production de qualité et celui des services non marchands. Le financement des retraites serait assuré en soumettant à cotisation tous les profits non réinvestis, notamment les dividendes, ce qui signifierait un élargissement de l’assiette des cotisations. Les marges de manœuvre existent, à condition d’euthanasier les rentiers, comme disait Keynes.
Tel est le socle qui peut constituer la base d’un large accord parmi toutes les composantes du mouvement social. Attac et la Fondation Copernic ont pris l’initiative de leur proposer un appel « Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites »[2], qui est aujourd’hui signé par 350 personnalités du monde intellectuel, associatif, syndical et politique. Il est maintenant entre les mains des citoyens. La bataille sur les retraites est à un tournant : ou bien nous bloquons la machine néolibérale à tout détruire, ou bien l’accumulation financière reprend ses droits après avoir mis le monde au bord de l’abîme, en attendant la prochaine crise. La question des retraites va au-delà des retraites : elle symbolise un choix de société, à la fois solidaire et écologique.
Le gouvernement l’a annoncé, une nouvelle réforme des retraites est en préparation avec des négociations nationales qui débuteront début avril dans la perspective d’un projet de Loi courant septembre.
A l’heure où les confédérations et unions syndicales ont décidé d’un premier rendez-vous social interprofessionnel sur la question des retraites, le 23 mars 2010, il est important de montrer la détermination des salariés, et tout particulièrement celle des agents de Tisséo, contre tout nouveau recul concernant nos retraites, que ce soit vis-à-vis du gouvernement lui-même que vis-à-vis de certains négociateurs syndicaux coupés du terrain et de ses réalités.
SUD prendra toute sa place dans cette première mobilisation, qui doit résonner comme un fort coup de semonce des salariés avant toute discussion ou proposition, tant de la part du gouvernement que de ses partenaires sociaux.
Un rendez-vous à ne pas manquer !
Louper ce rendez-vous c’est louper l’occasion d’exprimer son rejet de toute nouvelle réforme des retraites, laissant ainsi le champs libre aux habitués des salons privés de l’Elysée pour négocier des conditions de départ à la retraite qu’eux mêmes ne subiront pas, à l’image des parcours dorés de certains hauts responsables politiques & syndicaux !
Un seul coup de semonce avant une vraie mobilisation !
Pour autant, SUD ne se fourvoiera pas dans l’organisation d’une multitude de journées d’action isolées et au but plus ou moins déterminé, et nous n’entrainerons pas les agents dans une dilution de la grève qui ne servirait que d’exonération syndicale, comme une action pédagogique d’avant réforme indispensable à son acceptation. Pour nous c’est clair, les lendemains du 23 mars 2010 n’auront lieu qu’à la prise de connaissance du projet de Loi, mais avec une détermination sans faille qui ne pourra qu’être celle d’une grève générale illimitée, seule à même de faire reculer le gouvernement s’il persiste dans ses intentions de casse de nos acquis sociaux.
Tous concernés !
Le gouvernement projette une réforme de fond qui porterait tant sur la durée d’activité et l’âge légal de départ à la retraite, que sur le mode de calcul des pensions, dont celui des fonctionnaires. Public ou privé nous serons tous concernés, et ce quelques soient les catégories sociales professionnelles, Cadres comme Opérateurs. C’est pourquoi il est essentiel que tous les agents de l’entreprise affichent leur opposition à toute idée de nouvelle remise en cause de notre système de retraite, et pas seulement ceux qui ont un moyen d’action direct sur l’outil de transport.
Une vraie fausse solution !
De réforme en réforme, les pouvoirs politiques successifs tentent de nous faire croire que l’allongement de la vie au travail est la seule solution face à un déséquilibre démographique entre actifs et retraités. A l’heure où le taux de chômage en France est le plus élevé de ces 10 dernières années, où les jeunes peinent à trouver un emploi et les plus anciens à le conserver, quelle cohérence à vouloir allonger les durées d’activités face à un déséquilibre lié à un trop faible taux d’emplois ?
Quelles sources de financement ?
Aujourd’hui les inégalités s’accentuent au travers des salaires scandaleux de certains hauts dirigeants avec des profits jamais atteints pour les actionnaires de grands groupes ou sociétés. Il y a 20 ans, la masse salariale (salaires et cotisations sociales dont la retraite) représentait 70% de la richesse produite (PIB). Elle ne représente plus que 60% aujourd’hui ! Des taxations des profits et des produits et services issus d’une production en deçà de normes sociales supérieures doivent être envisagées en complément de la taxation du seul travail.
La retraite : Un enjeu de société !
Tout l’enjeu d’une société moderne, de la société d’aujourd’hui comme de celle de demain, est la réponse qui sera apportée à la question du progrès social et humain !
Travailler pour vivre ou Vivre pour travailler ?
Bien vivre du fruit de son travail et pouvoir en profiter au travers d’acquis sociaux comme la réduction du temps de travail, les congés payés, la retraite dès 37,5 annuités avec prise en compte des pénibilités (tableaux S.A.B), c’est la vision que défend SUD avant toute autre considération, comme celles de certaines primes liées à une production/productivité aussi éphémères qu’illusoires dans le contexte actuel. Travailler plus et plus longtemps, rogner les acquis sociaux, revenir sur les 35 heures, remettre en cause les congés payés et repousser l’âge de départ à la retraite, c’est la réponse du gouvernement, parfois relayée par certains syndicats de l’entreprise, fossoyeurs de nos acquis sociaux mais Chouchous d’une direction porteuse d’une politique aux funestes intentions.
Demain il sera trop tard !
Ne pas réagir aujourd’hui, se défausser de toute responsabilité personnelle et individuelle face à une question qui nous concerne tous. C’est prendre le risque d’un nouveau recul qui sera douloureux pour l’avenir, un avenir plus proche que lointain à l’image de ce qui s’est passé fin 2007 où l’opposition sociale n’a pas été à la hauteur. La politique de l’autruche ne permet pas d’éviter les problèmes, elle évite juste de les voir arriver !
Le calendrier de la nouvelle réforme des retraites est désormais connu, les négociations nationales commenceront début avril avec l’objectif d’un projet de Loi courant septembre. Cette fois ci, tout le monde sera concerné, le public comme le privé !
Après la réforme Balladur de 1993, la réforme Fillon de 2003 et la réforme des régimes spéciaux de 2008, le gouvernement entend récidiver avec un nouveau projet de réforme qui portera sur le mode de calcul des pensions, sur l’âge de départ à la retraite et sur les durées d‘activité.
C’est ainsi que, grâce à un cavalier législatif issu de la Loi 2009-526 du 12 mai 2009, de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures (article 80 dépourvu de tout lien avec la loi), le gouvernement a validée le passage à 41 annuités dès 2012 pour le régime général.
Les annonces du gouvernement laissent présager un nouveau recul, tant en ce qui concernent le système actuel par répartition qu’en ce qui concerne le mode de calcul sur les 6 derniers mois de salaires.
Première piste envisagée, celle des comptes notionnels. Dans ce type de régime, chaque salarié se trouve à la tête d’un " capital " alimenté par les cotisations qu’il verse pour sa retraite. Lorsqu’il fait liquider ses droits, un coefficient de conversion est appliqué à ce capital pour déterminer le montant de sa pension. Ce coefficient peut être établi en fonction de l’âge et de l’espérance de vie de la génération concernée, mais aussi de la situation des comptes des caisses de retraite au moment où le salarié fait valoir ses droits. Des cotisations fixes mais des pensions aléatoires...
Deuxième piste évoquée, la fin du calcul des pensions sur les 6 derniers mois de salaires pour les fonctionnaires ,le premier ministre François FILLON a clairement indiqué que " la question du calcul de la pension sur les six derniers mois de salaire, dans la fonction publique, se pose évidemment " !
Pour faire passer la pilule il serait question d’inclure les primes dans l’assiette des cotisations retraites, ce qui ne compensera jamais la perte des 6 derniers mois.
Il est clair que demain plus qu’hier il faudra lutter pour préserver l’un de nos derniers acquis sociaux. Un autre partage des richesses est possible !
Plus qu’une simple protestation il faut construire une réelle opposition en préparant les conditions d’une grève générale interprofessionnelle reconductible, seule à même de faire reculer le gouvernement et de maintenir notre système de retraite, sans nouvelles concessions !!!
La loi d’août 2008 sur la représentativité syndicale est en train de donner lieu à un déchaînement créatif de la part des avocats patronaux. Ainsi, l’opérateur des télécommunications SFR a contesté la représentativité du syndicat SUD au motif que les statuts de la fédération SUD-PTT, à laquelle est affilié ce syndicat, se réfèrent au « socialisme autogestionnaire ». Cette référence est jugée par SFR contraire au droit de propriété et à la liberté d’entreprendre, et donc contraire au « respect des valeurs républicaines », notion introduite dans la loi de 2008.
Remarquons d’abord que cette attaque permet de contester aussi l’existence de confédérations syndicales comme la CGT qui prône la fin de « l’exploitation capitaliste », comme FO qui se prononce pour la disparition du « salariat et du patronat » ou même comme la CFDT qui « combat toutes les formes de capitalisme »… dans ses statuts. Ainsi, si jamais ce jugement était négatif pour SUD, ce serait une épée de Damoclès qui serait suspendue au-dessus de la tête des confédérations dont, ironie de l’histoire, certaines, (la CGT et la CFDT) ont été signataires de l’accord avec le patronat qui est à l’origine de la loi actuelle.
Mais cette accusation est surtout une remise en cause de la liberté d’opinion. Ce qui est attaqué ce ne sont pas des pratiques syndicales qui seraient considérées comme illégales par l’entreprise, mais simplement le fait de croire qu’une société débarrassée de l’exploitation capitaliste est souhaitable. La direction de SFR s’autorise donc à dicter à l’organisation syndicale ce qui lui est interdit de penser. Paradoxalement, SFR, à sa manière, confirme qu’il y a un lien indissociable entre la défense des intérêts des salariés au jour le jour et un projet de transformation sociale. C’est parce que SUD se situe dans une perspective de dépassement du capitalisme que ce syndicat peut défendre de façon intransigeante les droits des salariés et qu’il est à ce point insupportable aux directions d’entreprises. A contrario, considérer que le capitalisme est l’horizon indépassable de notre temps entraîne nécessairement à sacrifier les droits des salariés sur l’autel de la compétitivité de l’entreprise prise dans l’engrenage inévitable de la compétition économique.
L’accusation de non respect des valeurs républicaines est avant tout une tentative pour essayer d’éviter la présence d’un syndicat gênant dans l’entreprise. On peut néanmoins la prendre au sérieux et voir à quelle idée de la République elle correspond. Car syndicalisme et République n’ont pas toujours fait bon ménage, non seulement dans les faits, les gouvernements de la République ayant été, et demeurant, marqués, par l’antisyndicalisme, mais aussi dans la conception sous-jacente à ces pratiques. La Révolution française s’appuyait sur une conception particulière de la Nation. Entre les citoyens et leurs représentants, censés être porteurs de l’intérêt général, rien ne devait exister. Ainsi le préambule de la loi Le Chapelier de 1791, qui interdit « les coalitions », affirme qu’il « n’est permis à personne d’inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de coopération ».
Ainsi, de la même façon que la main invisible du marché est censée faire en sorte que les actions individuelles aboutissent au bien commun, l’addition des bulletins de vote individuels des citoyens pour leurs représentants suffit à créer « la chose publique ». L’organisation syndicale est conçue comme un corps intermédiaire faisant obstacle à la formation de l’intérêt général. D’emblée, le syndicalisme a été considéré comme étranger à la nation et, c’est au nom de cette conception, que son existence a été déniée pendant près d’un siècle. Cette conception correspondait certes aux intérêts bien compris de la bourgeoisie naissante pour s’opposer aux revendications ouvrières, la loi Le Chapelier faisant suite d’ailleurs à de forts mouvements revendicatifs. Elle illustre cependant les ambiguïtés d’une République qui dès sa naissance a dû affronter deux peurs : peur de la réaction aristocratique, mais aussi peur d’un prolétariat où les idées « collectivistes » faisaient progressivement leur chemin.
Si pour combattre les nostalgiques de l’Ancien Régime, et face aux mobilisations populaires, la bourgeoisie a finalement admis le suffrage universel (masculin) permettant l’intégration politique de la classe ouvrière dans la République, cette dernière a été socialement retardataire par rapport aux pays capitalistes développés de l’époque comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne. Le fait syndical n’a jamais totalement été admis par le patronat français. Rappelons qu’il a fallu attendre la grève générale de mai 1968 pour que ce dernier admette le droit des syndicats à être présent dans les entreprises. Face à un patronat de droit divin, la République n’a jamais levé les ambiguïtés de sa naissance, prise entre la défense du droit de propriété et la liberté d’entreprendre d’un côté et la volonté populaire d’instaurer « la sociale » de l’autre. L’intérêt du procès contre SUD-SFR est de nous rappeler que cette alternative est toujours d’actualité et fait partie du débat syndical actuel.
C’est un petit coin à l’ombre des grands mères y discutent volontiers avec a leurs pieds des paniers de commissions. Les bruits du chahut des enfants traversent la rue pendant la recréation du groupe scolaire voisin. Nous sommes « BLANG » un énorme parpaing explose la vitre du bus est fait deux blesser grave. Nous sommes sur la ligne 3 ou la présence de Tisséo dans ce quartier en pleine mutation va permettre, au delà de la question économique, de rétablir le lien social avec des territoires qui se sont sentis très longtemps oubliés par les politiques de la ville. C’est donc le service public de faire le sale boulot pour pouvoir sortir de ce coin les dealers et autres trafiquants. Oui, les politiques de la ville avec l’appuie de la CGT, envoie les traminots aux charbons pour permettre aux autres services publics de pouvoir réintégrer en toutes tranquillités et aucune craintes le quartier (par ordre chronologique : Tisséo, facteurs, ambulanciers, médecins, infirmières, pompiers et pour finir la police). C’est à nous conducteurs de bus que nous incombe cette mission périlleuse pour établir le lien social et la tranquillité dans ce quartier.
Mais a quel prix ou quelle est le prix à payer pour une telle mission ?
Préparez vos casques lourds et vos armes de poings. Nous avons une mission ?
Népotisme, favoritisme, passe-droits, pistons, réseaux…
Toutes ces pratiques bien françaises choquent les américains….
Pffff....


Suicides au travail : les racines du mal.
Sinistres mais révélateurs, les suicides à France Télécom ne doivent pas devenir l'arbre qui cache la forêt. Car depuis des dizaines d'années, des salariés meurent deux fois. Physiquement, puis symboliquement. Ils meurent car ils travaillent. Ensuite, ils meurent du silence et du mépris ; de l'absence de reconnaissance pénale, médicale et publique, des causes professionnelles de leurs décès.
Plus de deux personnes chaque jour décèdent en France d'accident du travail. En 2006, près de 50 000 ont subi une incapacité permanente à la suite d'un accident du travail. Depuis 1995, les maladies professionnelles reconnues ont doublé. Le nombre des cancers professionnels explose. Liés à la multiplication des postes intenables, les dommages psychologiques ruinent toujours plus de vies (et de familles). D'ici à 2020, de 80 000 à 100 000 salariés exposés à l'amiante disparaîtront.
Des chiffres ? C'était la vie de Jérôme Bianco, qui meurt à 32 ans en lavant des vitres, qui tombe d'une nacelle parce que L'Oréal fait des "économies" sur les rambardes de sécurité et utilise un sous-traitant, Galderma... Lequel sous-traite à TNF, qui économise sur la formation et les équipements de protection.
Des chiffres ? C'est un salarié qui se jette du cinquième étage, devant ses collègues, au Technocentre Renault-Guyancourt, victime d'impératifs de productivité intenables et des harcèlements qui vont avec. Des chiffres ? C'est, le 31 mars, Vincent, un cariste de 30 ans, retrouvé mort, une plaie à la tête, seul dans l'entrepôt PSA de Saint-Ouen, où depuis dix ans il déplace des caisses. La direction, arguant d'une baisse d'activité, venait de mettre en place des postes solitaires. Avant, les agents étaient deux.
Enfin, vient l'été meurtrier à France Télécom : 23 suicides depuis février 2008 ; cet été, 6 suicides et 4 tentatives de suicide. Victimes d'une "mode" ? Ce mot du PDG de l'entreprise exprime l'immense coupure entre la direction et les agents. Se poignarder devant ses collègues, sauter par la fenêtre de son bureau et mourir à 32 ans serait donc le dernier chic ? Quelle obscénité ! Et quelle infamie que ce numéro vert mis en place par la direction, comme si ces morts relevaient de "problèmes personnels", alors que, d'évidence, c'est l'organisation du travail qui est en cause.
Convocation au pénal
Partout, la mise en concurrence accrue des salariés, les mobilités forcées, l'intensification du travail cassent la qualité, la sécurité et le sens même de l'activité. Parallèlement, toujours plus de grandes entreprises recourent à des sous-traitants, eux-mêmes mis en concurrence, dans le cadre d'appels d'offres sans cesse renouvelés. On sélectionne les moins coûteux qui économisent sur la prévention des risques, la sécurité, la formation des personnels.
Partout, les parcours professionnels sont plus discontinus. En conséquence, les salariés exposés à des substances cancérigènes peinent à faire établir la cause professionnelle de leur cancer. Dans certains cas, les politiques d'entreprises ou de branches jouent d'ailleurs sur cette traçabilité rendue compliquée. Dans l'industrie nucléaire, il s'agit d'une règle : depuis vingt ans, plus de 80 % de la dose collective d'irradiation reçue par les travailleurs du parc nucléaire est supportée par des salariés d'entreprises intervenant comme sous-traitants ou intérimaires. Environ 25 000 salariés de plus de 1 000 entreprises différentes reçoivent des doses individuelles moyennes, par mois de présence sur les sites irradiés, de 11 à 15 fois plus élevées que celle des agents EDF.
Lorsque, en bout de course, résistant aux pressions, les salariés demandent qualification de leur cancer en maladie professionnelle devant les tribunaux, les entreprises affirment que les causes sont à chercher du côté du salarié lui-même. Pour les suicides, ce sont "ses amours, ses amis, ses emmerdes".
Jusqu'à quand ces tués à la tâche resteront-ils invisibles, sous-évalués, sous-indemnisés ? Tant qu'ils ne coûteront rien. Un vol de sac à main est condamné à six mois de prison ferme devant tout tribunal correctionnel, en comparution immédiate. Pour un accident du travail, l'employeur est, au mieux, coupable d'homicide dit "involontaire", lorsque sont reconnues les causes professionnelles de la maladie du salarié ou la responsabilité de l'entreprise dans l'accident.
Dans les faits, seuls les lampistes paient, les procédures sont fréquemment classées sans suite et les indemnisations sont dérisoires. Une telle impunité conduit à juger négligeable le coût des impératifs de prévention des risques. Une convocation au pénal des entreprises reconnues fautives (assortie de réparations financières dissuasives) inciterait peut-être à plus de prudence. Puisque seul intéresse le porte-monnaie !
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