Objet du conflit,
un accord sur les 35 heures.
Après 32 jours de grève pour rien « pour que dalle ».
La position de l’intersyndicale est 5 jours de travail, 2 jours de repos, 7 heures de travail par jour et pas une minute de plus.
Inflexibilité de l’intersyndicale.
Un médiateur est nommé afin de trouver un accord pour la fin du conflit. Un accord voit le jour avec 60 % d’équipe de 7 heures de temps de travail, 20 % d’équipe de 7 heures 15 de travail et 20 % d’équipe à 7 heures 30.
L’intersyndicale s’arrange avec la direction pour faire voter contre l’assemblée générale des grévistes un accord de fin de conflit.
Résultat une semaine après la fin du conflit :
Zéro accord signé, 2000 euros de perte pour les salariés. Abandon des traminots par l’intersyndicale CGT – FO et CFDT.
Deux mois après les conflits, les premiers remerciements :
Les délégués CGT – FO – CFDT sont promus dans l’entreprise.
Un an après FO et CFDT signe un accord des 35 heures :
Beaucoup moins que celui proposé par le médiateur. GREVE inutile. La loi AUBRY devient une obligation de passer à 35 heures.
En 1998, le syndicat Sud est enfin reconnu grâce au tribunal d’instance de Toulouse pour représenter de vraies valeurs syndicales.
Ce conflit aura été dur et long, laissera un goût amer et d’inachevé.
Les traminots
passeront -ils à Sud ?
"Les gars de SUD ? Des révolutionnaires ....(pour ne pas dire des rigolos)" Les bonnes vieilles centrales syndicales ne sont pas tendres avec les militants de Solidaires Unitaires Démocratiques (SUD), chiens fous en passe de bousculer un jeu de quilles bien établi. Vieux briscard, Jean Luc Rueff se marre. Le secrétaire de Sud transports urbains en a vu d'autres. Quinze ans de CFDT et de responsabilités syndicales, dont il est sorti "écoeuré". Trop de politique, pas assez de terrain. Quelques dissidents de la CFDT ont aussi fait ce constat et crée en 1989 le premier SUD PTT. Sur cette vague, début 1998, Jean Luc Rueff décide, avec cinquantes copains, de monter le premier SUD Transports Urbains à la Semvat (Société d'économie mixte de l'agglomération toulousaine).
Une première incursion dans le privé pour un syndicat jusque là cantonné aux services publics. Aux premières élections, SUD Transports Urbains rafle 33% des délégués du personnel. Au comité dentreprise, 1 er collège, SUD talonne la CGT. "Quand on est arrivé, on était des voyous ; on a du batailler drôlement pour notre représentativité !" Trainé devant les tribunaux, SUD riposte et gagne haut la main. Le terrain juridique, SUD connaît et fonce. A la Semvat, 25 procédures ont été engagées. Dans un dossier consacré au phénoméne SUD, Francis Grass, directeur de la Semvat, déclare à un journaliste "SUD est un révélateur. A nous de comprendre les nouvelles aspirations des salariés."
Il n'aura fallu que six ans à SUD pour s'imposer chez les cheminots et détrôner l'inmovible CGT. "Et on assiste au même phénomène dans les transports urbains ! On casse le bastion des centrales, on est vraiment près des gens. Pour nous, pas question de politique, mais de syndicalisme et d'entreprise. Le problème de l'insécurité à la Semvat, on y bosse, on cherche des solutions, et on les propose. Toutes nos décisions sont prises en AG, pas à Paris. Ici, chez les traminots, la politique, on s'en fiche", assure Jean Luc Rueff.
Gérald, 27 ans, acquiesce : "Sud, c'est le renouveau du syndicalisme, un espace de discussion, un esprit d'équipe".
Tournés en dérision, taxés de jusqu'auboutistes et de gamins irresponsables, les militants de Sud voient pourtant plus loin que leurs nez et placent leurs pions. Leur révolution, ils comptent la faire en Mars 2002, lors des prochaines élections professionnelles.
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